Berdal-sculpteur a, sans doute, un jour, voulu sortir de la bi-dimensionnalité.
Dégagé de la couleur, sa main a travaillé la troisième dimension dans le primat du matériau. Il a pu ainsi approcher le corps humain, le fruit, l’objet usuel.
Tantôt par les découpes asymétriques, les brisures presque cubistes, tantôt par le jeu des pleins et des vides évoquant l’usure du temps. Tantôt il a gonflé les banches de la mère féconde, a même donné un caractère expressionniste aux croupes de femmes, remontant aux plus vieux mythes et aux plus anciennes divinités tutélaires.
Excluant tout superflu, il a noué des corps ou les a liés avec les données de la sexualité, les interprétant avec sensualité. La pomme coupée en deux a un sens allégorique évident.
Mais la lumière, sur les formes saillantes, rugueuses ou lisses de ses sculptures n’est plus celle, tamisée de pudeur de ses peintures. La lumière se déplace ici sur les formes sculptées, elle devient passage et relativité du corps ou de l’objet dans le temps.
Guy Vignoht, Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres, peintre, chroniqueur, éditorialiste, reporter, critique et historien d’art, auteur de « La jeune peinture 1941-1961 ».