Berdal est un artiste divers, surprenant par la variété de ses recherches. Il aime les formes pleines, les volumes adoucis par des courbes. Sa sculpture appelle la caresse et la possession : femmes lovées sur elles‑mêmes, genou contre menton, nostalgiques de la plénitude fætale. Une sculpture toute de sensualité, de confiance, tournée vers un bonheur extatique.
Mais il y a un autre sculpteur chez Berdal. Celui qui, héritier du cubisme, travaille sur des plans, ouvre sa sculpture à l’espace, fait éclater l’œuvre à partir d’un centre. La sensualité débouche alors sur une recherche plastique plus élaborée.
Nout
Ouverture
Les raisins
Une théière, avec son mélange de formes féminines et de formes masculines s’évide, trouée dans sa plénitude joufflue. L’artiste se joue tout à coup du vide et du plein, du creux et du bombé, du manque… Ainsi cette autre nature morte, composée d’une bouteille fendue en deux dans sa verticalité, d’un demi-citron et d’une grappe de raisin. La bouteille, ouverte, attache par sa vacuité. L’ombre qu’elle emprisonne accueille l’émotion, s’emplit de notre regard.
Catherine Terzieff, cinéaste, journaliste et critique d’art.